"C'est un peu de ton sang qui reste sur mes mains... C'est un peu de notre souffrance. Un peu de nos déchirures. Un peu de ma folie, aussi.Il a fallu d'un peu. Pas grand chose, juste une phrase déplacée, mais celle de trop, celle qui t'a achevé, celle qui t'a jeté dans le néant de nos souvenirs.Les sursauts, la terreur, le malaise, le mal-être... mon inspiration, mon être, ma vie. Extirper la douleur à mon existence, la délivrer, l'exorciser, enfin. Dans cet acte.Vivre sous le joug de tes aspirations, sous ma parfaite impuissance... c'est assez. Révolu, tassé sous ton corps gisant. A l'infini. L'âme humaine qui aurait pu quitter ton enveloppe n'est devenue qu'épaisse vapeur noirâtre, je la vois, je la sens parcourir mon dos, mes entrailles. Je la sens dévaster une dernière fois les contours de mon intérieur...Tu n'es plus rien. Je suis tout devenue.Je te vois, baigné dans ce rouge filant de tous parts. Tu t'y noies autant que tu as fait verser le mien. Tu t'y noies autant que tu m'y as fait goûter.Ton reflet renvoie l'image de ma détresse passée. Un tableau sinistre, noir, tremblant, enfoui sous la douleur. Il ne te reste plus qu'à plonger dans l'abyme de ton malheur. Il ne te reste plus qu'à te fondre au milieu des ombres. T'y fondre au son du pouvoir condamné de tes larmes sèches.Et laisse moi aimer la vie, laisse moi cette dernière chance."
J'ai cette tendance à écrire du noir, sans pour autant avoir des envies suicidaires ni meurtrières... Ca m'inspire voilà tout. Je précise aussi que ce n'est pas autobiographique ! ;)